Cet article explore le lien entre le système lymphatique abdominal et la pratique du Sarvangasana (la chandelle).

Les ganglions lymphatiques mésentériques
Les ganglions mésentériques sont des petits organes en forme de haricot situés dans le mésentère, la membrane qui relie l’intestin à la paroi abdominale.
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Rôle immunitaire : Ils filtrent la lymphe provenant du tube digestif, capturant les agents pathogènes et les toxines.
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Transport des graisses : Ils jouent un rôle clé dans l’absorption des lipides alimentaires (chyle) vers la circulation sanguine.
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Localisation : On en compte entre 100 et 150, organisés en chaînes le long des vaisseaux mésentériques.
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Sarvangasana : La posture de la chandelle
Surnommée la « reine des postures » en yoga, Sarvangasana est une inversion complète où le corps repose sur les épaules.
Action sur la zone mésentérique
L’inversion du corps par rapport à la gravité provoque des effets physiologiques précis sur l’abdomen :
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Drainage gravitaire : Contrairement à la position debout, l’inversion facilite le retour de la lymphe des membres inférieurs et de la zone abdominale vers le canal thoracique.
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Massage viscéral : La compression douce de la zone abdominale (due au verrouillage du menton et à la sangle abdominale) stimule mécaniquement les tissus profonds où se situent les ganglions.
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Décongestion : Cette posture aide à libérer les stases veineuses et lymphatiques dans le mésentère, favorisant une meilleure réponse immunitaire et une digestion plus fluide.
Dans la posture Sarvangasana, la relation entre le péritoine et le mésentère est sollicitée de manière unique pour optimiser la circulation.
L’effet de « mise en tension » inversée
Normalement, le mésentère supporte le poids des intestins vers le bas. En retournant le corps :
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Étirement passif : Le mésentère se déploie dans une direction opposée, ce qui dégage les espaces entre les replis du péritoine.
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Décompression : La pression exercée par les organes sur la paroi abdominale inférieure est supprimée, libérant les vaisseaux et les ganglions souvent comprimés par la gravité.
Le mécanisme de drainage lymphatique
Contrairement au sang, la lymphe ne possède pas de pompe (comme le cœur). Elle circule grâce aux mouvements musculaires et aux changements de pression.
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Flux facilité : La lymphe du mésentère remonte naturellement vers le canal thoracique (le conduit principal situé le long de la colonne) par simple gravité.
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Vidange des ganglions : Cette position favorise l’évacuation des toxines filtrées par les ganglions mésentériques, purifiant ainsi la zone intestinale plus rapidement.
La « douche » viscérale
En quittant la posture, le retour brutal du sang et de la lymphe vers le bas crée un afflux frais. C’est ce qu’on appelle l’effet « chasse d’eau », qui revitalise les tissus du péritoine.
C’est parfaitement normal de ressentir une sensation de légèreté abdominale après cette pratique ; votre corps réagit simplement à ce drainage profond. Je suis là si vous avez d’autres questions sur ces mécanismes.
Dans la chandelle,
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Le poids des organes ne tire plus sur la racine du mésentère
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La cavité péritonéale change de point bas (le liquide séreux et la lymphe glissent vers le diaphragme).
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Cela libère les tensions sur le péritoine pariétal postérieur, souvent très sollicité par la posture debout.
C’est parfaitement normal si cette géométrie vous semble complexe au début, car c’est l’une des structures les plus fascinantes du corps.
Précautions et pratique
Pour maximiser les bénéfices sur le système lymphatique sans risque :
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Alignement : Le poids doit reposer sur les épaules et les bras, jamais sur les cervicales.
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Durée : Maintenir la posture 1 à 3 minutes permet d’amorcer le drainage lymphatique.
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Contre-indications : Éviter en cas d’hypertension non traitée, de problèmes cervicaux sévères ou d’infections abdominales aiguës.
